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诗人的春天在成都:翟永明作品(中法对照)

2010-04-09 13:09阅读:
翟永明——

《上书房、下书房》

上书房、下书房
在四川彭州白鹿乡

宛如圣母院 那著名的教堂
我们在门口照像
闪光灯 点亮殖民者的尖塔
那些坚韧而努力的传教士
令人不安 他们点亮
乡间的盲目和沉默
在上书房和下书房

拉长了的白烟
好比脱缰野马在天上
乱石点头
横布草丛中,青葱被刮削成半山
我将拍下这些工业云彩
还有大片的化学山水
以教堂为背景
肮脏的污水
正在冲洗那些贫困数据
在四川彭州白鹿乡
上书房、下书房

宛如圣母院 新人们成对捉双
拍下这些工业云彩
婚纱照包裹了衰弱的天使
高跟鞋踩踏传教士的天堂
宛如圣母院 新人们成对捉双
拍下这些化学山水
祝福、祷告、洗礼
这些都不被新人们需要

好比千只白鸽白生生地飞到天上
白生生的新娘站满了拱廊
上书房、下书房

在四川彭州白鹿乡
突然来了天崩地裂的一声响
塌了下来 那些工业云彩
那些化学山水 那些乡镇工厂
死亡震倒了 宛如圣母的大教堂
死亡呑下了正在亲吻的新郎和新娘
白生生的婚服化为满地泥浆
倒地的新人们将干枯为骨
倒地的手指上 钻戒在发亮
照片上 他们十指紧扣,
尘土中 新人执手不老

上书房、下书房
没有了水洗过的圣母大教堂

2009.5

Shangshufang, Xiashufang

Shangshufang, Xiashufang
Au Sichuan, dans le village de Bailu

Comme devant Notre Dame de Paris, cette cathédrale très connue
Nous prenions des photos devant l’entrée
Les flash illuminaient le pinacle colonial
Les missionnaires obstinés et convaincus
Ne laissaient pas les gens en paix, ils sortaient
Les paysans de leur ignorance et de leur silence
A Shangshufang et Xiashufang

Des volutes de fumée blanche
S’étiraient dans le ciel comme des chevaux sauvages sans bride
Des pierres désordonnées opinaient du chef
Les montagnes vertes, dépecées, ne sont plus que des demi-montagnes
Je photographierai ces nuages industriels
Et aussi ces paysages pollués à perte de vue
Avec la cathédrale comme arrière-plan
Les eaux usées
Sont en train de laver les statistiques de la pauvreté

Au Sichuan, dans le village de Bailu
Shangshufang, Xiashufang

Comme devant Notre Dame de Paris, les jeunes mariés, deux par deux,
Photographiaient ces nuages industriels
Les photos de mariage enveloppaient les anges faibles
Les talons aiguilles piétinaient le paradis des missionnaires
Comme devant Notre Dame de Paris, les jeunes mariés, deux par deux,
Photographiaient ces paysages pollués
Les vœux, les prières, le baptême,
Les jeunes mariés n’en avaient pas besoin

Comme des milliers de pigeons immaculés s’envolant au ciel,
Les jeunes mariées, immaculées, remplissaient le couloir
Shangshufang, Xiashufang

Au Sichuan, dans le village de Bailu,
Retentit soudain un bruit assourdissant
Qui fit s’écrouler ces nuages industriels,
Ces paysages pollués, ces usines des villages et bourgs alentours
La mort a détruit la cathédrale semblable à Notre Dame de Paris
La mort a englouti les jeunes mariés qui s’embrassaient
Les robes et costumes des jeunes mariés devinrent boue
Les jeunes mariés, à terre, secs comme un tas d’os
Mais sur les doigts qui reposaient sur le sol
Brillaient encore les diamants des alliances
Main dans la main, sur les photos
Les jeunes mariés dans la poussière
Ne vieilliront pas ensemble

Shangshufang, Xiashufang
Il n’y a plus de cathédrale lavée par les eaux



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